L'abbé John Berg commente le Motu Proprio Summorum Pontificum

Publié le par Le traditionnel

Un commentaire intéressant sur le Motu Proprio Summorum Pontificum a été formulé par le Supérieur Général de la Fratenité Sacerdotale Saint-Pierre : M. l'abbé John Berg.


(M. l'abbé John Berg, Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre)



La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) est une société de vie apostolique de droit pontifical fondée en 1988 par plusieurs membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X qui ont refusé la situation de schisme provoquée par les sacres au sein du mouvement de Mgr Marcel Lefebvre et qui s'est vue accorder l'usage des livres liturgiques de 1962. Ses constitutions ont été approuvés définitivement le 29 juin 2003 par le Saint-Siège.


Aujourd'hui, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre est présente dans dix-sept pays, répartis sur 4 continents, et compte 347 membres : 208 prêtres, 11 diacres et 128 séminaristes formés dans deux séminaires, l'un à Wigratzbad en Allemagne, l'autre à Denton aux États-Unis. La maison généralice est située à Fribourg, en Suisse, depuis 2003. La moyenne d'âge de ses membres, représentant 26 nationalités, est de 37 ans. Le ministère de ses prêtres s'effectue dans 102 diocèses à travers 168 lieux de Messe, 30 maisons érigées canoniquement et 11 paroisses personnelles.


Voici le commentaire de M. l'abbé John Berg sur le Motu Proprio Summorum Pontificum :


« En choisissant lors de son élection de se placer sous la protection et le patronage de saint Benoît, le Souverain Pontife a donné une indication de fond quant à l'orientation qu'il entendait donner à son Pontificat. Le récent
Motu Proprio Summorum Pontificum l'illustre parfaitement. Benoît XVI y rappelle « ce très salutaire précepte de la Règle: ne rien mettre au-dessus de l'œuvre de Dieu ». Et le pape de rappeler que, grâce au rayonnement des fils de saint Benoît, « la liturgie selon la coutume de Rome féconda non seulement la foi et la piété mais aussi la culture de nombreux peuples. » La liturgie latine de l'Église, a été au cours des siècles « un puissant stimulant pour la vie spirituelle d'innombrables saints » et « elle a affermi beaucoup de peuples dans la vertu de religion et fécondé leur piété. »


En rendant à la liturgie latine traditionnelle son plein droit de cité comme forme extraordinaire du rite romain, Benoît XVI ne pose pas seulement un acte visant à la réconciliation et à l'unité dans l'Église. Il vise bien au-delà, en cohérence profonde avec cette vision très historique de la vie de l'Église et de la civilisation chrétienne qui est une marque constante de sa pensée. Ce n'est pas pour rien que le pape cite son prédécesseur saint Grégoire le Grand, qui, dit-il, « fut attentif à transmettre aux nouveaux peuples de l'Europe tant la foi catholique que les trésors du culte et de la culture accumulés par les Romains au cours des siècles précédents ». Benoît XVI attend sans doute des fruits historiques importants de son Motu proprio, comparables si Dieu veut à ceux obtenus par le zèle des fils de saint Benoît.


Il nous semble que le pape désire, en particulier, d'une part stimuler la vie spirituelle des fidèles, la nourrir des trésors de la liturgie, l'enraciner dans le riche héritage de la Tradition, et d'autre part affermir nos peuples dans la vertu de religion et redonner souffle à la chrétienté, rendre au culte son rayonnement public, social, redonner à la liturgie son influence sur la culture et les mœurs de la société, renouer le fil de la mémoire et de l'identité de notre civilisation chrétienne.


La liturgie est tout à la fois prière qui élève les âmes vers Dieu et contribue puissamment à leur sanctification, et culte public qui affirme solennellement ce que la créature doit à son Créateur, Seigneur et Sauveur.


Non seulement la Sainte Liturgie attire les âmes vers Dieu, mais elle a cet immense mérite de restaurer l'homme dans sa juste condition d'humble créature devant son Seigneur. La liturgie latine traditionnelle, avec son caractère fortement théocentrique, répond à l'hérésie moderne de l'homme qui se prend pour son propre Dieu et s'auto-célèbre. Elle le détourne de lui-même et des créatures pour l'attacher à Dieu comme à son principe et à sa fin. Le rayonnement du culte public permet d'étendre à la Cité ce retournement de l'homme vers Dieu, cette conversio ad Deum. Les relations entre les hommes, perturbées par la folie de l'orgueil, s'en trouvent aussi modifiées, assainies et guéries. La Cité elle-même ne tarde pas à s'en trouver apaisée. Outre son effet de sanctification des âmes, tel est l'impact de civilisation que peut apporter la forme extraordinaire du rite romain dans le déroulement historique qui redevient possible avec la publication de Summorum Pontificum. Le processus de transmission vivante des trésors de la liturgie latine peut reprendre son cours pour le meilleur du salut des âmes et de la société chrétienne.



Abbé John Berg

Supérieur Général de la Fraternité Saint-Pierre »



Source :
http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0912077_tradition 


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christianK 12/09/2008 17:19

"128 séminaristes formés dans deux séminaires, l'un à Wigratzbad en Allemagne, l'autre à Denton aux États-Unis. La maison généralice est située à Fribourg, en Suisse, depuis 2003. La moyenne d'âge de ses membres, représentant 26 nationalités, est de 37 ans. Le ministère de ses prêtres s'effectue dans 102 diocèses à travers 168 lieux de Messe, 30 maisons érigées canoniquement et 11 paroisses personnelles"
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Pour arriver à un nombre de vocations 10 à 25 fois supérieur à la FSSP en Amérique du nord, j'avais pris pour base de calcul 1 séminariste par lieu de culte. Ici on a 128 séminaristes pour 168 lieux, i.e. 0.76 sém./lieu.
Sur cette base on aurait donc 8 à 19 fois plus de vocations à la FSSP (en supposant que les diocèses de 100-200 lieux de cultes aient 3-7 séminaristes; en fait je devrais dire: 3-15 env., dépendant du nombre de lieux - 100 à 200.)