Le latin dans la Messe !

Publié le par Le traditionnel



 




"Tempête dans un bénitier" de Georges Brassens.


 

 

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ChristianK 13/06/2008

Article très intéressant! je n`avais en effet pas remarqué que le glissement interprétataif pouvait venir du texte de Mgr Moreau de la CECC, d`ou proviendrait ainsi ce qui deviendrait un simple malentendu à Chicoutimi. Voici le texte de Mgr Moreau:

``
b) On se souviendra de certains critères mis de
l’avant par le motu proprio lui-même :
i) Il faut examiner si les demandeurs et les prêtres
eux-mêmes ont la formation liturgique et une
« certaine familiarité » avec la forme extraordinaire
du rite latin de même qu’une bonne connaissance
de la langue latine que le pape Benoît XVI lui-même
juge nécessaires pour une célébration fructueuse
selon la forme extraordinaire.
ii) Quant aux demandeurs, il doit s’agir d’un
groupe permanent et durable. Au sujet de la taille
des groupes, le motu proprio ne donne pas de prescription
formelle. En d’autres épiscopats du monde,
on fait valoir le nombre minimum d’au moins
25 personnes comme chiffre de référence, ce qui
peut représenter un groupe significatif.
``

Pour satisfaire aux critères du diocèse, il suffirait de 25 personnes dans une paroisse qui se regroupent et prennent 2 fins de semaine de latin liturgique.
De plus la lettre du pape (parag. ci-bas) ne dit nullement que la connaissance du latin est ``nécessaire`` etc. Elle dit seulement qu`elle sera généralement existante et ne dit nulle part qu`elle ne peut pas être acquise par tel ou tel moyen ou sur le tas etc.:

``
En second lieu, au cours des discussions sur ce Motu Proprio attendu, a été exprimée la crainte qu’une plus large possibilité d’utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas non plus réellement fondée. L’usage de l’ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine; ni l’un ni l’autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite Romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.
``

Je n`ai trouvé nulle part les mots ``certaine familiarité`` (entre guillemets) dont parle Mgr Moreau, et surtout pas dans les conditions juridiques.
Clairement c`est une question qui sera tranchée par les tribuneaux et ou par la commission Ecclesia Dei. C`est exactement son travail.

ChristianK 14/06/2008

Commentaire sur le parag.:
"Au niveau de la formation : La possibilité d’accès à la Messe tridentine n’est-elle pas une chance pour le diocèse de Chicoutimi de former au latin les jeunes générations qui ont souffert du rejet de la culture latine par une génération qui, souvent au nom de Vatican II, a relégué dans la sphère du passé ce qui devrait être connu par toutes les générations ? "

Ici, à mon avis, l'A. ne touche qu'une partie de la question. Dans tout ceci, d'ailleurs, on parle trop de latin, alors qu'il est probable que l'orientation, le grégorien et les rubriques (mouvements du ptre) sont plus importants. Par dessus tout, le résultat final compte.
Il est vrai cependant que le latin considéré en lui-mème, peut faire partie de la fine pointe de l'avant-garde néoclassique, comme cela a déjà commencé dans les Catholic Classical academies des USA (latin dès le primaire, et il parait que les résultats seraient époustouflants).

Mais la messe tridentine n'est pas formatrice directement à cause du latin. C'est bien plus subtil (et difficile à comprendre) et profond que cela. En fait nos écoles occidentales ont débuté en mème temps que notre liturgie, dans les monastères du 1er millénaire, donc dans une atmosphère d'intériorité et donc d'une certaine fermeture au monde. Il est donc probable que l'éducation, si on la considère comme devant ètre prudente, et le contraire d'un saut dans le vide, puisse impliquer quelque chose qui ressemble à la messe tridentine et ce qui va avec, qui reste valide mème si on perd la foi. Voilà pourquoi, à mon avis, cela rajeunit à la tridentine.
Je laisse ceci à vos cogitations.

PS. Evidemment, la messe à gogo, ou la messe cucu, a l'effet inverse car elle tend à s'abaisser, ou disons de facon plus neutre, à rester au niveau de l'éduqué, plutot que de le tirer hors de lui-mème (présumément vers le haut): E-DUCERE (mener hors de ).

ChristianK 02/07/2008

Sur le lien latin-grégorien.



Mgr Lebel est évêque émérite de Valleyfield. On peut trouver son entrrevue audio sur le motu à:

http://www.radiovm.com/Nouvelles/Chroniques_Cardinal_Turcotte-Arvhives-07.aspx
Au lien "25 juillet : Mgr Lebel clarifie le motu proprio libéralisant la messe en latin"



Il y a à mon avis quelques petites imprécisions sur les positions de la FSSPX mais passsons.Il souligne la notion de sacrifice. Il admet que le N.O. ne dit rien sur l'orientation du ptre.


Plus intéressant, IL admet la précipitation postconciliaire au sujet du grégorien. Il faut du temps, dit-il à bon droit, pour élaborer de la musique liturgique. Il semble sous entendre que ca viendra.



C'est ici, je crois, qu'il faut faire des comparaisons. Pratiquement tous les musicologues nous diront qu'il existe un lien essentiel entre la nature d'un langage particulier et la musique qui va avec. Il existe donc un lien essentiel entre grégorien et latin, et dans la cas du missel jean XXIII, mème pas n'importe quel grégorien, mais des morceaux très précis( comme par hasard les plus beaux) imposés par le missel pour le kyrie, gloria, credo, sanctus, agnus dei, les autres chants (offertoire, communion, entrée, sortie etc.) étant libres mais à l'intérieur de la cohérence imposée par les chants "obligatoires" - ce qui donne juste l'équilibre qu'il faut dans la rigidité-flexibilité. C"est ce lien essentiel protégeant le peut-ètre insurpassable grégorien qui rend sinon nécessaire, du moins immensément utile le latin. C'est indirect.



Or, comme dit Mgr Lebel, peut-ètre y aura-t-il un jour un chant francais de mème niveau que le grégorien. Peut-ètre mème ce chant sera-t-il composé à Chicoutimi ou au Québec. Comme disait vers 1975 Victor Lévy Beaulieu, "peut-ètre le plus grand écrivain jamais proiduit par le Québec" (hihihi), ce sera alors le Québec "triomphant, la civilisation des étoiles" (hihihi). Le seul problème c'est que les Palestrina ou les Bach n'arrivent pas souvent, peut-ètre une fois par millénaire (on peut penser au Notre Pere de Rimsky-Korsakov) ou par 2 millénaires. Alors le tandem latin-grégorien va rester "devant nous", pas en arrière, tant que le tandem francais-musique francaise ne sera pas au mème niveau ou ne s'en approchera pas. Et, cela, ce sera très long. Voilà pourquoi, via le grégorien, le latin est si important.



Il est vrai qu'on peut avoir le latin-grégorien avec le missel Paul VI, et je l'ai vu en France. Mais restent 2 autres points qui resteraient alors à examiner et ajuster: l'orrientatation et les rubriques. Alors la tridentine demeure importante, ne serait-ce qu'à titre expérimental (et aussi pour ceux qui ne peuvent pas s'en passer). De plus, sa rigidité protège le latin-grégorien, mis en danger par le francais.